Plus qu’une sélection d’images, mes projets s’organisent autour d’une sélection précise de lieux. En choisissant de se déplacer en avion plutôt qu’en hélicoptère, il est possible de réaliser un grand nombre de survols de chaque espace (au moins une quinzaine) tout au long d’une année complète. Chaque vol permet ensuite de reprendre des photographies, d’affiner les cadrages parfois de quelques millimètres, et ainsi de redessiner petit à petit les paysages comme l’on ferait des esquisses ou des croquis. Le projet «Entre Loire et Océane» a ainsi été abordé plus à la manière d’un peintre que d’un photographe, afin d’une part que le point de vue aérien ne reste qu’un outil, mais également pour faire émerger dans les images des influences picturales puisées dans la peinture. Cette démarche a permis de véritablement épuiser les lieux ; en se les appropriant et en suivant leur évolution au fil des saisons, ils devenaient dans l’objectif de plus en plus simples, évidents et abstraits.

Dans cette continuité, toutes les images des corpus sont enregistrées à une altitude identique de 1500 pieds, c’est-à-dire à environ 450 mètres du sujet. Après la délimitation de l’espace géographique étudié, la fixation de cette altitude est la première donnée du protocole de prise de vues. Je recours ensuite à l’utilisation d’optiques fixes qui permettent une régularité et une grande précision dans le traitement des échelles entre chaque photographie. L’expérience a aussi montré qu’à une altitude inférieure les détails s’identifiaient trop rapidement, et qu’à une altitude supérieure les effets de matière et le rapport à la taille humaine se perdaient. La troisième donnée du protocole est l’heure de la prise de vue ; elle participe, comme l’altitude, à la rigueur nécessaire pour obtenir une série d’images cohérentes. Ainsi, toutes les photographies ont été réalisées autour de midi, lorsque le soleil est au zénith et que la lumière ne peut être utilisée de façon habituellement esthétisante. C’est à ce moment du jour que la colorimétrie obtenue est la plus neutre, la lumière du soleil écrasant alors tous les reliefs, toutes les ombres, toutes les couleurs. De cette façon, les images ont un rendu très plat, à la façon des Becher ou de Stéphane Couturier par exemple qui travaillaient avec des ciels couverts. Cette platitude revendiquée permet d’accentuer le trait commun du lieu photographié et de mettre en avant son sens plutôt que sa représentation. Elle se trouve enfin renforcée par le choix d’une technique d’impression directe sur la matière brute qui souligne le rapport essentiel dans les photographies à la matière et à la texture.
27/09-15/12 2016 Expo virtuelle \ Christine Coblentz \ Colette Aussedat \ Gérard Guerre \ Jean-Daniel Laumonier Manoll \ Jérémie Lenoir \ Julie Gauthron \ Martine Ménard-Rozé \ Michel Lebois
Parcours

Démarche artistique

Protocole de réalisation

Territoires Occupés (2007-2009)

Entre Loire et Océane (2010-2011)

White spaces (2012-2013)

L'autre Paris (2010-2013)

Vidéo "Marges"

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Jérémie Lenoir
jeremielenoir@yahoo.fr
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